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Le photographe de mariage

Photographe de mariageIl est 1h30 un samedi soir. Je viens de passer plus de 15h debout, l’oeil dans le viseur de mon appareil photo. Il faut maintenant que je rentre chez moi, que je range mon matériel et que je me détende un peu. Je suis éreinté. Je ne serai pas couché avant 3h30.

L’histoire commence comme un roman noir. On imagine un détective privé dans un bureau vétuste à New York. Une sale histoire de meurtre dont personne ne sortira indemne.

Il n’y a rien de tout cela. C’est juste l’histoire perpétuelle d’un photographe de mariage. L’histoire de la personne que vous ne voyez qu’à travers son regard. Le témoin invisible du bonheur des autres.

Le premier contact

L’histoire commence véritablement un an avant ce samedi là.
Je reçois un email : Nous sommes intéressés par votre travail, pourriez-vous nous faire parvenir un devis ?

J’explique que j’ai besoin de savoir ce qui est prévu, à partir de quelle heure ils ont envie que je sois là. J’ai besoin d’un peu les connaître aussi. Il faut que j’ai envie de leur faire plaisir. Il faut qu’ils aient envie de m’avoir auprès d’eux toute la journée.

Je ne peux pas travailler avec n’importe qui. La photographie est un métier plein de sensibilité et d’émotion. J’aime faire plaisir aux mariés. J’ai besoin d’aimer faire plaisir aux mariés. On me dit souvent que mes photos sont particulières. Que mes photos sont une immersion au coeur de l’événement. Je le revendique. Je recherche cette émotion, ces moments de joie et ces moments de doute. Et pour ressentir cette émotion il faut que j’aime les mariés. C’est aussi simple que ça.

La mariée se prépare. Il règne une atmosphère un peu particulière.

Le rituel

D’abord la jambe gauche, toujours Zidane avait son rituel et j’ai le mien.

Je sais que je porte une responsabilité dans la réussite du mariage. Je porte surtout une responsabilité dans ce qu’il en restera des années plus tard. Je ne suis pas tétanisé par cela. Je dirais que ça me garde en éveil. Je ne peux pas me permettre d’être moyen. Il faut que j’assure. Alors j’ai mon propre fonctionnement.

La vérification du matériel. La préparation des cartes mémoires. La mise en charge des batteries. Le repassage de la chemise et du costume. Le cirage des chaussures.

C’est un moment important. C’est important qu’il n’y ait aucun oubli. C’est important parce que ça me fait entrer dans le mariage.

je règle mon réveil et je suis prêt

L’immersion

Je sonne et la porte s’ouvre. Souvent l’ambiance est calme. La mariée se prépare. Il règne une atmosphère un peu particulière. Le calme avant la tempête.

Je pense que c’est mon moment préféré. On capte tout type d’émotion. Du stress, de la joie, de l’impatience, du doute. Certaines mariées ne tiennent plus en place, d’autres ont besoin d’être rassurées. C’est l’instant le plus dense d’un mariage.

Cérémonie civile, cérémonie religieuse, photos de couple, photos de groupe, lancé du bouquet, cocktail, discours des parents, discours des témoins, repas, vidéos, animations, ouverture du bal, danse, pièce montée.

Il est 1h30. Je viens de passer plus de 15h debout, l’oeil dans le viseur de mon appareil photo. Il faut maintenant que je rentre chez moi, que je range mon matériel et que je me détende un peu. Je suis éreinté. Je ne serai pas couché avant 3h30.

La saison est vraiment finie. Je prépare la suivante

Le travail

Le mariage est terminé. Les invités sont rentrés chez eux, les mariés sont à l’autre bout de la terre. Je suis face à mon écran. Devant moi des centaines de photos qu’il faut trier, organiser, traiter, sublimer.

Mon cerveau a développé une grande capacité à être efficient pour le tri. C’est un travail répétitif et colossal. Chaque semaine je vois défiler des montagnes de photos. Il faut que je trouve les bonnes photos. Que je me remette dans ce que j’ai vécu ce jour-là.

Il m’arrive régulièrement de me souvenir des conditions exactes de prise de vue d’une photo. Le moment où j’ai senti qu’il se passait quelque chose, que j’ai mis l’oeil derrière l’objectif et que j’ai déclenché. Parfois ça dure 2s. Je sais à cet instant que j’ai fait une bonne photo. Pas une photo correcte mais une photo qui va sortir du lot. Je suis capable de la décrire sans l’avoir vue sur mon écran. C’est d’ailleurs cette photo que je vais chercher en premier lors du tri. Je sais qu’elle existe.

Parfois aussi je redécouvre des instants magiques que j’avais ratés le jour J. Je reste en arrêt devant une photo qui m’avait échappé. Je vois le mariage sous un autre angle.

Le vide

Soudain tout s’arrête. Après 6 mois d’un marathon éprouvant, de rires, de larmes et d’une effervescence constance. Après 6 mois tout s’arrête. Brutalement. L’été est derrière moi. Les barbecues sont rentrés, les maillots aussi. Le soleil disparaît à 19h. J’ai traversé l’été sans m’en rendre compte.

Je range mon matériel. J’ai besoin de m’en éloigner un peu. J’ai trop fait de photos. Ca a été trop intense.

On est en octobre. Je viens de passer 6 mois à donner le meilleur de moi-même. Je suis éreinté. Ma boite mail se remplit de demandes. J’y réponds. Je découvre d’autres personnes. D’autres regards, d’autres attentes. La saison est vraiment finie. Je prépare la suivante

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Cédric Moulard

Photographe, ingénieur, vidéaste, bosseur, sportif, glandeur… tout à la fois


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